Histoire de Vévé

Il voulait qu’on l’appelle Hervé

Je parodie, mais juste le titre (celui d’un roman de Charles Exbrayat) pour cette entrée en matière.
Son nom était (et est toujours je l’espère !) Tessonneau. Son vrai prénom ou tout au moins celui que lui ont donné ses parents était Dominique. Mais comme il se plaisait à nous l’expliquer, ce prénom ne lui convenait pas. Il a donc décidé de se faire appeler Hervé, et c’est comme ça que tous ses copains l’interpellaient. Plus familièrement, il aimait bien qu’on l’appelle Vévé.
Cet étudiant, si ma mémoire est bonne faisait partie de la seconde promo. BTS FM (1965/1967), juste celle qui a suivi celle dont je faisait partie et qui était la promo. 1964/1966, au bahut de Corbeil. Nous, nous avions été baptisés par les examinateurs à l’oral “les Pazoliens”, devinez pourquoi… tout simplement car nous avions pour prof. principal M. Pazot. Mais trêve de digressions, je voulais vous parler un peu de notre ami Vévé
 !
Ce Vévé, il avait un don très particulier, sans l’avoir cherché. Les manifestations les plus spectaculaires de ce don se concrétisaient le plus souvent au réfectoire. Si vous vous souvenez bien, le réfectoire se présentait sous forme de boxes de 8 tables de 8 élèves, ce qui revient à dire que chaque boxe hébergeait 64 élèves. Lesdits boxes étaient répartis de chaque coté d’une allée centrale et nous étions entre 1000 et 1200 à manger, je crois en deux services.
Revenons à Vévé. Assez régulièrement, les blagues fusaient bon train lors de nos collations. Et quand une de ces blagues avait l’heur de déclencher le rire de Vévé, c’était impressionnant
 ! La première fois que nous avons subi ce rire que l’on peut qualifier de spécial, tout le monde fut surpris (euphémisme pour dire que si nous n’avions pas été assis en train de nous restaurer, nous fussions tombés sur nos séants respectifs, en bref nous étions sur nos culs !).
Or donc je m’en vais vous narrer le déroulement de ce rire de Vévé. Il commençait comme un grincement de porte assez strident, montant en puissance comme une sirène d’alerte et se continuait pendant environ cinq minutes, jusqu’à ce que Vévé manque de s’étouffer. Comme je le précisais, le premier rire nous laissa pantois. Mais outre cet état de fait, le second constat fut que le réfectoire s’est vite retrouvé dans un silence total, chacun se demandant d’où pouvait bien venir ce bruit étrange. Les rires suivants de Vévé au cours des années, eux, déclenchèrent systématiquement un fou rire général qui se propageait de proche en proche, de la table où se trouvait Vévé vers toutes les tables du réfectoire, et en moins de cinq secondes plus de 1000 potaches avaient attrapé le même fou rire incontrôlable et irrépressible.

Voilà un aperçu de cette expérience unique en son genre, que je n’ai jamais plus rencontrée. J’espère que Vévé (Dominique) Tessonneau sera parmi nous lors de la fête du jubilé pour nous régaler de son “fabuleux rire”.

Jean-Paul Dupuis.


Histoire de Vévé suite …

Nous sommes au cinéma de Corbeil, nous allons voir “Un monde fou, fou, fou...”, il y a Daniel Geyelin, Serge Perraud, Hervé... et moi, et peut-être d'autres encore ? Nous sommes placés au balcon, le film commence.
Honnêtement je ne me souviens plus s'il est drôle, mais nous, nous en avons fait quelque chose de drôle... Ce que Vévé ne peut plus supporter !!! Cela commence par des gloussements (étouffés)... Il essayait d'être discret, suivi d'une apnée... durant laquelle un silence menaçant régnait et d'un coup... UNE explosion dans les aigus, suivie de houuuuuuuuuuuuuu... à n'en plus finir, relayé par des hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii... qui font que mon Vévé ne peut plus se tenir ! Il glisse inexorablement de son fauteuil termine son contre-ut, avachi sur le sol, on ne le voit plus, on l'entend... Les voisins par le communicatif de son rire, rient de plus belle, nous aussi évidemment.
Du parterre de la salle des têtes se lèvent vers le balcon, rient... en entendant Vévé dans ses œuvres... alors que chacun de nous se relaie pour lui sortir une bêtise encore plus grosse... et il repart de plus bel, la salle est prise d'un fou rire... Ça fait un quart d'heure déjà... Vévé a les ailes du nez toutes blanches, il a du mal à respirer... nous le calmons et sortons avec lui, il est “lessivé”................... et les gens l'applaudissent.
Hé oui ! Vévé c'était ça
!

Roger Camille Pahour




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